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Pourquoi l'hiver commence le 1er décembre pour les météorologues
Le solstice d'hiver est la nuit la plus longue de l'année. Ce n'est pourtant pas le moment le plus froid — et l'écart entre les deux a une explication simple.
Deux découpages, deux usages
Les saisons astronomiques suivent la position de la Terre sur son orbite : elles commencent aux solstices et aux équinoxes, autour des 21 mars, 21 juin, 23 septembre et 21 décembre. Leurs dates varient d'un jour ou deux d'une année sur l'autre, et leurs durées sont inégales.
Les saisons météorologiques, elles, commencent le premier du mois : hiver au 1er décembre, printemps au 1er mars, été au 1er juin, automne au 1er septembre. Chacune fait trois mois pleins.
| Saison | Découpage météorologique | Découpage astronomique |
|---|---|---|
| Hiver | 1er décembre au 28 ou 29 février | vers le 21 décembre au 20 mars |
| Printemps | 1er mars au 31 mai | vers le 20 mars au 21 juin |
| Été | 1er juin au 31 août | vers le 21 juin au 22 septembre |
| Automne | 1er septembre au 30 novembre | vers le 22 septembre au 21 décembre |
Pourquoi les météorologues ont choisi l'autre
La raison est statistique. Toutes les données climatiques sont agrégées par mois entier : moyennes mensuelles, cumuls mensuels, normales. Découper une saison au milieu d'un mois obligerait à couper chaque série en deux, année après année, pour un gain nul.
Le second avantage est la comparabilité. Des saisons de longueur fixe se comparent d'une année sur l'autre sans correction. Les saisons astronomiques, elles, durent entre 89 et 93 jours selon la saison et l'année — un bilan saisonnier en serait faussé.
Et surtout, ce découpage colle mieux au ressenti : décembre, janvier et février sont bien les trois mois les plus froids de l'année en France, alors que la saison astronomique fait commencer l'hiver quand un tiers du froid est déjà passé.
Le retard des saisons, et son explication
Le jour le plus court est vers le 21 décembre, mais le mois le plus froid en France est janvier. Le jour le plus long est vers le 21 juin, mais le mois le plus chaud est juillet, parfois août. Ce décalage d'environ un mois porte un nom : le retard des saisons.
Le mécanisme est celui d'une casserole. Le sol et surtout les océans accumulent ou perdent de la chaleur avec une inertie considérable. Tant que les pertes dépassent les gains, la température continue de baisser — même si les jours rallongent déjà. Le minimum est atteint quand les deux s'équilibrent, soit environ un mois après le solstice.
L'eau ayant une inertie bien supérieure à celle des sols, le retard atteint six semaines à deux mois sur les littoraux : la mer est la plus chaude en août-septembre, et la plus froide en février-mars. C'est ce qui rend les arrière-saisons si douces au bord de l'eau.
Quel découpage ce site utilise
Les normales climatiques affichées sur chaque page commune sont mensuelles, donc compatibles avec le découpage météorologique. Le mois le plus chaud et le mois le plus froid y sont identifiés nommément, ainsi que l'amplitude qui les sépare — c'est ce couple qui caractérise le climat local.